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Pilules, crèmes et huiles pour agrandir le pénis : les études

Texte de Bastien · · 5 min

Comprimés et gélules de couleurs variées en vrac
Pilules et gélules : beaucoup de promesses, peu de preuves Photo Pixabay, CC0, via Wikimedia Commons

Pour augmenter la taille du pénis, aucune pilule, crème ou huile n’a montré dans une étude publiée un gain mesuré de longueur ou de circonférence chez l’homme adulte. Les produits vendus en ligne contiennent des plantes, des acides aminés ou des vasodilatateurs dont les effets étudiés portent sur l’érection ou le désir, pas sur les dimensions. Leur composition, et celle qu’ils ne déclarent pas, explique les témoignages enthousiastes.

Composition des pilules vendues en ligne

L’équipe d’Ornella Corazza (BioMed Research International, 2014) a passé au crible 203 sites de vente entre février et juillet 2013. Quatre substances actives revenaient : la yohimbine, la maca, l’épimédium (« horny goat weed ») et le ginkgo biloba. J’ai retrouvé dans les formules du marché français, en plus, la L-arginine, le tribulus terrestris, le ginseng et le zinc.

Ingrédient Mécanisme revendiqué Résultat publié
Yohimbine (écorce de yohimbe) Stimulant, afflux sanguin Effet modeste étudié sur l’érection ; anxiété et palpitations rapportées ; aucune donnée sur la taille
Maca Désir, énergie Petits essais sur la libido ; aucune donnée sur la taille
Épimédium (icariine) Inhibition de la PDE5, comme le sildénafil Activité observée in vitro et chez l’animal ; aucune donnée sur la taille
Ginkgo biloba Circulation Résultats contradictoires sur l’érection ; aucune donnée sur la taille
L-arginine Précurseur du monoxyde d’azote, vasodilatation Effets modestes sur l’érection, surtout associée au pycnogénol ; aucune donnée sur la taille
Tribulus, ginseng, zinc « Booster de testostérone » Pas d’élévation durable de la testostérone chez l’homme sans déficit ; aucune donnée sur la taille

Le point commun : aucun de ces composés n’agit sur la longueur des corps caverneux ou de l’enveloppe de la verge. Chez l’adulte, ces tissus ont achevé leur croissance à la fin de la puberté, vers 16 à 18 ans.

Les médicaments cachés dans les compléments

En 2018, une équipe du département de santé publique de Californie a recensé dans JAMA Network Open les avertissements de la FDA sur dix ans (2007 à 2016) : 776 compléments alimentaires contenaient un médicament non déclaré, et environ 45 % d’entre eux étaient vendus pour la sexualité masculine. Les molécules retrouvées dans cette catégorie sont le sildénafil, le tadalafil, le vardénafil et des analogues chimiques non autorisés.

Ces molécules expliquent une bonne partie des avis positifs : un inhibiteur de la PDE5 donne une érection plus dure et plus remplie, donc un pénis qui paraît plus gros le soir même. Le sildénafil se dose de 25 à 100 mg sur ordonnance en France ; dans un complément contaminé, aucune dose n’est indiquée sur l’étiquette. Le sildénafil interagit avec les dérivés nitrés prescrits en cardiologie, ce qui provoque des chutes de tension.

Crèmes et gels : chaleur, rougeur et hormones

Les crèmes « d’agrandissement » contiennent surtout des agents chauffants ou vasodilatateurs : menthol, camphre, nicotinate de méthyle, L-arginine, extraits de piment. Sur la peau fine de la verge, ils provoquent une sensation de chaleur, une rougeur et un léger gonflement qui disparaissent en une à deux heures. Une mesure prise juste après l’application peut gagner quelques millimètres de circonférence ; la suivante, le lendemain, les reperd.

Les gels hormonaux forment une catégorie à part. Le gel de dihydrotestostérone (DHT) à 2,5 % et la testostérone sont utilisés chez le nourrisson ou l’enfant atteint d’un micropénis, en traitement hormonal court, parce que les tissus de la verge répondent encore aux androgènes avant la puberté. Après la puberté, le nombre de récepteurs aux androgènes dans la verge diminue et ce même gel ne produit plus de croissance mesurable. Chez l’adulte, la testostérone traite un déficit hormonal (libido, érection, énergie) mais ne rallonge pas le pénis.

Huiles de massage et huiles « traditionnelles »

Les huiles vendues pour la croissance du pénis associent des huiles végétales (ricin, amande douce, sésame) à des extraits de plantes : gingembre, ginseng, ashwagandha, ou des préparations présentées comme ayurvédiques. Le massage quotidien qu’elles accompagnent ressemble à un étirement manuel léger, sans les durées ni les tractions du jelqing ou de l’extenseur. Aucune étude publiée ne mesure un gain lié à ces huiles. Les huiles dégradent le latex : un préservatif ajusté en latex ne tient pas sur une verge huilée.

Pourquoi des acheteurs constatent des gains

Je relève quatre explications dans la littérature sur la mesure du pénis, toutes indépendantes du produit :

  • La méthode de mesure : appuyer la règle jusqu’à l’os du pubis plutôt que la poser sur la peau ajoute de 1 à 3 cm chez un homme avec de la graisse sus-pubienne.
  • La qualité de l’érection : une érection pleine, obtenue avec du sildénafil déclaré ou caché, donne quelques millimètres à un centimètre de plus qu’une érection partielle.
  • La température et l’heure : la verge au repos varie de plusieurs centimètres entre une douche chaude et un matin froid.
  • La perte de poids pendant la « cure » dégage une partie de la hampe enfouie.

Exemple : trois mois de cure chiffrés

Un homme mesure 12 cm en érection, règle posée sur la peau. Il achète une cure de trois mois à 49 € le flacon, soit 147 €, et un gel chauffant à 29 €. Après douze semaines, il mesure 13,5 cm : il a appuyé la règle sur l’os cette fois, l’érection était plus ferme grâce au gel vasodilatateur appliqué une demi-heure avant, et il a perdu 3 kg. Remesuré règle posée sur la peau, sans gel, à la même heure qu’au départ, il retrouve ses 12 cm.

Les méthodes avec des gains mesurés

Les gains publiés concernent d’autres approches. L’extenseur pénien porté plusieurs heures par jour a été étudié en essais cliniques : dans l’étude de Nikoobakht (2011), le gain moyen est de 1,7 cm après trois mois. La pompe à pénis produit un gonflement temporaire. La chirurgie, ligamentotomie ou injections d’acide hyaluronique pour la circonférence, donne des gains de l’ordre du centimètre à quelques centimètres selon les séries publiées.

Les questions posées

Est-ce que les pilules pour agrandir le pénis marchent ?

Aucune étude publiée ne montre de gain de longueur ou de circonférence avec une pilule chez l'adulte. Les effets ressentis viennent d'une érection plus ferme, parfois due à du sildénafil non déclaré. La verge a terminé sa croissance à la fin de la puberté.

Quelle crème pour grossir le pénis ?

Les crèmes vendues dans ce but contiennent des vasodilatateurs ou des agents chauffants qui donnent un gonflement de une à deux heures. Les gels hormonaux à la DHT font grandir le pénis de l'enfant avec un micropénis, pas celui de l'adulte.

La testostérone peut-elle allonger le pénis d'un adulte ?

Non : après la puberté, les tissus de la verge ne répondent plus aux androgènes par une croissance. La testostérone corrige un déficit hormonal et améliore libido et érection quand elle est basse.

Combien de centimètres peut-on gagner naturellement ?

Sans chirurgie, les gains mesurés en étude viennent des extenseurs, avec des gains moyens compris entre 1 et 2 cm au bout de plusieurs mois de port quotidien. La perte de graisse sus-pubienne rend aussi visible une partie de la hampe enfouie.

Pour aller plus loin