Testostérone, DHT et hCG : les traitements hormonaux
Le traitement du micropénis par testostérone tient en une formule courte chez le nourrisson : 25 mg injectés dans le muscle une fois par mois, trois mois de suite. Le gel de dihydrotestostérone (DHT) et l’hCG prennent le relais quand la cause le demande. Les équipes jugent la cure réussie quand la longueur étirée double.
Pourquoi les androgènes allongent la verge
La verge porte des récepteurs aux androgènes sur ses tissus érectiles et sa peau. La testostérone produite par les testicules agit directement sur eux, et surtout après conversion en DHT par l’enzyme 5-alpha-réductase, présente dans la peau génitale : la DHT se fixe plus fortement au récepteur. Ces récepteurs sont nombreux et sensibles pendant la petite enfance, puis leur réponse décroît. Un traitement donné à 3 mois agit donc bien plus qu’une même cure donnée après la puberté.
Le choix de la molécule dépend du diagnostic posé par l’endocrinologue pédiatrique :
- testicules et récepteurs fonctionnels, commande hypophysaire absente : testostérone, ou gonadotrophines pour reproduire la mini-puberté ;
- conversion en DHT bloquée (déficit en 5-alpha-réductase) : gel de DHT ;
- insensibilité partielle aux androgènes : testostérone à forte dose, avec une réponse très variable selon la mutation du récepteur.
La testostérone injectable
Les protocoles publiés se ressemblent. La BSPED, société britannique d’endocrinologie pédiatrique, retient l’énanthate de testostérone à 25 mg par mois pendant trois mois. La revue turque du Journal of Clinical Research in Pediatric Endocrinology décrit 25 mg de cypionate ou d’énanthate toutes les trois semaines, quatre injections au total. Le propionate, 25 mg par semaine pendant trois mois, est réservé au nouveau-né de moins de 28 jours parce qu’il ne contient pas d’alcool benzylique.
En France, l’énanthate est vendu en ampoules de 250 mg/mL : la dose de 25 mg représente 0,1 mL, prélevée à la seringue graduée par l’infirmier ou le pédiatre.
Les résultats à long terme les plus cités viennent de Bin-Abbas (1999) : huit garçons au déficit hypophysaire, traités par une ou plusieurs cures de trois injections de 25 ou 50 mg, puis par une puberté induite. Partis de 1,1 cm de moyenne (traités avant 2 ans) ou de 2,7 cm (traités entre 6 et 13 ans), ils mesurent tous en moyenne 10,3 cm de longueur étirée adulte, de 8 à 14 cm. Six des huit avaient une vie sexuelle active au moment de l’étude.
Les crèmes de testostérone et le gel de DHT
Les formes locales évitent les piqûres. Dans l’étude d’Arisaka, une crème de testostérone à 5 % appliquée 30 jours chez 50 garçons de 5 mois à 8 ans a allongé nettement la verge chez 45 d’entre eux, soit 90 %. La BSPED décrit une crème à 1 à 5 %, une noisette trois fois par jour sur la verge pendant 3 à 6 semaines, appliquée avec des gants.
Le gel de DHT à 2,5 % (Andractim) est la forme de référence quand la testostérone n’est pas convertie. Deux schémas sont publiés : trois applications par jour autour du scrotum pendant 5 semaines (Bertelloni, au moins 120 % de gain de longueur chez trois nouveau-nés 46,XY), ou 0,2 à 0,3 mg/kg une fois par jour pendant 3 à 4 mois. Le gel contient 96 % d’alcool, absorbé en partie par la peau d’un nourrisson.
hCG et gonadotrophines
L’hCG imite la LH et pousse les testicules à fabriquer leur propre testostérone. Elle sert d’abord au diagnostic (1 000 UI quotidiennes sur trois jours), puis au traitement chez le grand enfant : 1 500 à 2 000 UI par semaine pendant 6 semaines à partir de 12 ans, selon la synthèse StatPearls.
Chez le nourrisson au déficit hypophysaire, l’association LH et FSH reproduit la mini-puberté et fait grandir à la fois la verge et les testicules. Le protocole de Main (20 et 21,3 UI deux fois par semaine pendant 6 mois) fait passer la verge de 1,6 à 2,4 cm, avec un volume testiculaire augmenté de 170 %. Avec une pompe sous-cutanée, Bougnères rapporte des gains de 8 à 30 mm et de 12 à 48 mm chez deux nourrissons.
Les protocoles en un tableau
| Traitement | Schéma publié | Résultat rapporté |
|---|---|---|
| Énanthate de testostérone IM | 25 mg par mois, 3 mois | Objectif : doublement de la longueur |
| Crème de testostérone 5 % | 30 jours | Allongement chez 45 enfants sur 50 |
| Gel de DHT 2,5 % | 3 fois par jour, 5 semaines | +120 % au moins (3 nouveau-nés) |
| LH + FSH injectées | 2 fois par semaine, 6 mois | 1,6 → 2,4 cm |
| LH + FSH par pompe | 6 mois dès la naissance | 8 → 30 mm et 12 → 48 mm |
| hCG (12 ans et plus) | 1 500 à 2 000 UI par semaine, 6 semaines | Testostérone endogène relancée |
L’induction de la puberté
Un garçon dont l’hypophyse ou les testicules ne fonctionnent pas n’entre pas seul en puberté. La testostérone est alors introduite vers 12 ou 13 ans, à petite dose, pour reproduire le rythme naturel. Le schéma de la BSPED :
- injections : 50 à 100 mg par mois au départ, augmentées de 50 mg tous les 6 à 12 mois jusqu’à 200 à 250 mg ;
- gel à 2 % : 10 à 20 mg par jour au départ, plus 10 mg tous les 6 mois, jusqu’à 60 à 80 mg ;
- passage à la dose d’entretien adulte après 2 à 3 ans d’induction.
La croissance pubertaire de la verge se fait pendant ces années. Environ 10 % des hommes au déficit hypophysaire congénital voient leur axe hormonal se remettre en marche spontanément, parfois après l’arrêt du traitement. Pour préserver la future fertilité, certaines équipes préfèrent induire la puberté par hCG et FSH plutôt que par testostérone seule : les testicules grossissent et commencent à produire des spermatozoïdes.
Après la puberté
Chez l’adulte, la testostérone corrige un hypogonadisme (énergie, libido, érections, masse musculaire), mais ne rallonge plus guère une verge arrivée au bout de sa croissance. Pour un projet d’enfant dans un syndrome de Kallmann, le traitement change : hCG à 2 000 à 5 000 UI deux fois par semaine, associée à 75 à 150 UI d’hMG. J’ai relevé dans l’étude de Huang (2024) les chiffres d’une alternative : chez 28 hommes qui n’avaient pas répondu à ce schéma, une pompe à GnRH a fait apparaître des spermatozoïdes au spermogramme chez 60,7 % d’entre eux, en 12 mois en médiane.
Exemple : un nourrisson de 4 mois à 1,9 cm
Un garçon de 4 mois mesure 1,9 cm de longueur étirée, testicules en place. Le bilan pendant la mini-puberté montre une LH et une testostérone basses : hypogonadisme hypogonadotrope. Je reprends le schéma BSPED : 25 mg d’énanthate le 1er mai, le 1er juin et le 1er juillet. Mesure de contrôle le 1er août : 3,9 cm, soit un doublement, au niveau de la moyenne des 0 à 5 mois. Le suivi annuel reprend jusqu’à 12 ans, âge prévu pour discuter l’induction pubertaire.
Les questions posées
Quel est le traitement du micropénis ?
Chez le nourrisson, le traitement de référence est la testostérone : trois injections de 25 mg à un mois d'intervalle. Le gel de DHT à 2,5 % est utilisé quand la testostérone n'est pas convertie, et les gonadotrophines dans certains déficits hypophysaires. Chez l'adulte, les options sont surtout chirurgicales.
Est-ce que la testostérone fait grandir le pénis chez l'adulte ?
Très peu. Les récepteurs aux androgènes de la verge répondent fortement dans la petite enfance, puis de moins en moins. Chez l'homme adulte, la testostérone corrige les signes d'un hypogonadisme mais ne rallonge plus la verge de façon notable.
Combien de centimètres gagne-t-on avec la testostérone ?
Chez le nourrisson, l'objectif admis est un doublement de la longueur étirée, par exemple de 1,9 à 3,8 cm. Dans la série de Bin-Abbas, des garçons partis de 1,1 et 2,7 cm atteignaient en moyenne 10,3 cm à l'âge adulte, après puberté induite.
À quel âge traiter un micropénis ?
Le plus tôt possible après le bilan, en général dans les premiers mois de vie, quand la verge répond le mieux aux androgènes. Des cures restent possibles pendant l'enfance. L'induction de la puberté, quand elle est nécessaire, commence vers 12 ou 13 ans.